6.21.2017

La lettre de malaise de Camille Lockhart

Bonjour à tous.

Aujourd'hui je transgresse un peu les "règles" de ce blog ( en considérant qu'il y en ai eu un jour...) et viens partager avec vous quelque chose que j'ai vu sur les réseaux sociaux. 
Pas grand chose. Juste une image. Belle. Et un texte. Poignant. 

Cette lettre de malaise a été écrite par Camille Lockhart, jeune actrice française, qui dénonce la censure "ridicule" des images...Enfin surtout du peu d'images belles qui nous restent encore à voir. Camille dénonce très bien l’incohérence totale de notre société actuelle. Paradoxes, hypocrisies, intérêts je dirait presque... Bref. Je vous laisse lire cette lettre de Camille Lockhart. A vous de juger! 


COUCOU / MALAISE :

Je sors de répétition avec un goût un peu amer sur le bout de la langue.
Cette photographie a été prise par Art Shay en 1952. Cette femme, c'est Simone de Beauvoir. Ce n'est pas une photo volée, c'est la photographie d'une femme, remplie d'amour, de joie, de vie, qui se laisse voir, qui laisse voir son corps, parce qu'elle l'aime son corps, et que son corps est beau, parce que c'est un corps humain. 

C'est la photographie d'une femme nue. De dos.
Pas l'ombre d'un téton ou d'un pubis.
Juste une belle paire de fesses charnue.

C'est la photographie qui devait servir de modèle pour l'affiche du spectacle que je joue en Septembre.

L'affiche a été violemment censurée par JC Decaux, par le métro parisien, et les colonnes Morris.

Je sors de répétition avec un goût un peu amer sur le bout de la langue, parce qu'aujourd'hui, en 2017, on censure une paire de fesses et on laisse vivre les images publicitaires vulgaires et putassières pour vendre une bagnole, un soutif, des yaourts ou un adultère sur internet.
Aujourd'hui, en 2017, en France, on censure la célébration d'un corps et on laisse des présentateurs télévisuels grossiers et tristement crétins humilier qui ils veulent dans leur intimité.
Aujourd'hui, en 2017, en France, à Paris, on censure une photographie d'art, avec un cul innocent, sous prétexte que... que quoi, en fait?
Qu'un corps de femme c'est sale ? Qu'un corps, tout court, c'est sale ?

Chers censeurs moyen-âgeux qui posez vos grosses couilles sur la table, il s'agit du derrière potelé de la femme dont nous portons la voix.
Il s'agit d'une des figures les plus brillantes de son temps, qui s'est battue pour faire entendre la parole des femmes, de toutes les femmes, qui s'est battue pour qu'on ait le droit de sortir de nos cuisines, réfléchir, voter, travailler, avoir un compte en banque, choisir ou non d'avoir des enfants, pour qu'on cesse d'être des "bonne-femmes" et qu'on soit d'abord et avant tout des êtres humains.

Chers censeurs, vous me faites bien du chagrin et me mettez très en colère, mais vous me confirmez que cette parole a désespérément encore besoin d'être entendue, aujourd'hui, en 2017, en France, à Paris, et vous me rendez encore plus heureuse de l'y porter sur un plateau.

Je ne vous serre pas la main, vous ne vous les êtes surement pas lavées en sortant des chiottes.
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